jeudi 15 décembre 2011

10 - Goa


Vendredi 9 Décembre :
Rude journée qui se prépare: on a une enfilade de bus à s’enquiller afin de rejoindre Panaji, état de Goa, en 22h mais avec une correspondance de 4h à Mangalore.
Sur la route un camion à plateau transportant un autre camion a pris un virage un peu sec et le tout se retrouve avachis en travers de la chaussée dans un fourbi de tôles pliées. Plus loin, un autre bahut, chargé à bloc, a cassé net son pont arrière à force de tressauter dans les ornières et son cul traîne lamentablement à terre. Le chauffeur se tape une sieste dans la cabine, la situation n'a pas l'air de le stresser. Ce qui nous laisse perplexe c'est comment ils vont bien pouvoir dépanner ces gros culs paumés dans la montagne sur des pistes improbables.
A Mangalore on profite de notre longue halte pour arpenter une galerie marchande rutilante. Sur 4 étages avec une clim à 15° des boutiques grand luxe proposent des fringues et chaussures de marque. En entresol réside le Big Bazaar, à savoir le Monoprix Indien. Soldes et promotions rivalisent: -40% par ci, 2 pour le prix d'un par là, c'est la foire-fouille ! Le rayon alimentaire propose toutes sortes de curry: c'est simple, chaque plat à son curry spécifique. Impressionnant. Un petit tour par le rayon hygiène-beauté: Sylvie fait le plein de savons ayurvédiques embaumant grave, sans oublier les 600g de dentifrice Meswak pour ma cadette.
Avant de quitter la ville on se ravitaille en beedees dont tout le monde s'accorde à dire que c'est ici les meilleures de toute l'Inde.
Et en avant pour le dernier bus de nuit, 12h non stop. Crédiou la guichetière nous avait dit "sleeper" et ben c'est pas un sleeper, dans le fion la couchette, ce sera en siège inclinable. Beaucoup moins confortable qu'espéré !

Samedi 10 Décembre :
On débarque hagards sur le môle routier. On récupère les sacs: enfer et putréfaction, la soute n'était pas étanche: notre bardas est recouvert de poussière. Les taxis se ruent sur nous comme les mouches sur le miel, nom d'un Ganesh on y va en bus ! NO TAXI, UNDERSTAND?
On demande 20 fois où se trouve la plate-forme correspondant à notre but, on erre sur l'immense terre-plein grouillant de bus et de passagers et on déniche enfin une navette allant à Margao. Ca nous avance de 30 bornes, c'est toujours ça de fait. Une fois à ce terminus, rebelote pour trouver le coucou allant sur Benaulim. Mais bon, on finit par y arriver et sur le coup des 10h du mat on a enfin pris un petit dej et une douche, le bardas est posé dans la chambrée, on a enfilé un maillot de bain: DIRECTION LA PLAGE.







Dix petites minutes de marche à pied au sortir de ce petit village de pêcheurs et on déboule sur une des célèbres plages de Goa.
Goa, c'est un tout petit état sur la côte des Malabars où les hippies ont débarqué dans les années 60 et lui ont assuré une renommée planétaire. Depuis les choses ont évolué: il y a les plages à babas cools, plus au nord; puis les plages techno et au sud, donc là où on est, les plages tranquilles.
Les plages de Goa s'étirent sur plus de 100km le long de la mer d'Oman: une eau turquoise, des vaguelettes caressantes, du sable blanc immaculé fin comme de la farine, une bordure de cocotiers. Là où nous sommes, des paillotes proposent rafraîchissements et restauration. L'eau est à 30° minimum, une douce brise rafraîchit l'air surchauffé, la densité des baigneurs est d'à peu près 1 tous les 100m: Goa c'est trop top !
Sieste au soleil jusqu'au coucher d'icelui, souper de tigers prawns (grosses crevettes) revenues au beurre et à l'ail accompagnées d'un riz baryani et d'une soupe à la pulpe de tomate, bière de 66cl, le tout pour 4 euros.... Ca commence pas mal !

Dimanche 11 Décembre :
C'est dimanche, alors Sylvie se lâche: petit dej aux pancakes banane-chocolat, jus d'oranges pressées, marmite de fruits et café indien: 2 euros....
Et après? lézardage sur la plage jusqu'au coucher de soleil avec baignades toutes les 1/2 heures et petite mousse sous la paillote. Goa c'est pas loin d'être le paradis!
Au repas du soir ce sera soupe de légumes au lait de coco et pomfret barbecue avec riz et accompagnement dans une assiette décorée d'une bougie au centre d'une tomate évidée entourée de guirlandes de légumes épluchés en tortillons. Le pomfret, c'est un poisson du coin assez curieux à voir et plus que délicieux à boulotter.
Avec la bière maousse et 2 fantas pour madame, on tape une addition à 6 euros chacun  dans un cadre sympa et musique d'ambiance ! et bien entendu la rituelle coupure d'électricité sans laquelle les soirées indiennes ne seraient plus tout à fait les mêmes.
Retour au dodo, je m'allonge sur le plumard, patatras je passe à travers le sommier ! une fois extirpé des décombres du lit je découvre que le sommier est fait d'écorces de bananier entrelacées. Autant dire du papier cigarette. Un quintal d'auvergnat couenneux sur la feuille Rizla, ça a pas duré ! c'est pas le tout, va falloir expliquer la chose à la logeuse demain matin.

Lundi 12 Décembre :
La logeuse s'est bien marrée en apprenant la mésaventure de la nuit. En tout cas elle a illico remplacé les écorces tressées par de la solide planche de 2cm d'épais, normalement ça devrait résister.
Journée plage.
Elle est tellement sublime cette baie qu'on y reste alanguis toute la journée sans voir le temps passer. On assiste à la marée descendante, laissant sur la grève quelques crabillauds patauds et des étoiles de mer s'enterrant à moitié dans l'attente du prochain flux. Des espèces de bergeronnettes, nous c'est comme ça qu'on les a baptisées, se mettent en rang d'oignon pour picorer les coquillages abandonnés sur la grève.







Au fil du jour, des ballets rituels se déroulent. D'abord les triporteurs des marchands de boissons fraîches: enfin fraîches le matin, à 16h c'est plutôt température ambiante. Puis vers 15h, quand le soleil est moins chaud, les colporteurs de bracelets en coquillages, sacs tissés ou DVD des derniers titres sortis viennent nous solliciter. A force c'est vrai que ça lasse un peu.
Toutes les 2h la patrouille en 4x4 sillonne la plage histoire de bien montrer que tout est sécurisé ici. Ah, j'oubliais.... tous les 200m un nageur sauveteur, surf à portée de main et bouée de secours en bandoulière, fait le pied de grue dans son habit rouge avec chapeau de la police montée. Ce qui est certain, c'est que tout est fait pour mettre le vacancier en pleine sécurité. Vu le nombre de vacanciers, c'est même disproportionné !
Lorsque le soleil arrive en fin de course, les pêcheurs poussent leurs pirogues à l'eau et vont s'approvisionner en poisson frais. Une meute de chiens arpente la plage en cherchant les câlins, et à 17h30 précise les clébards posés sur leur train arrière se mettent à tour de rôle à hurler un long son plaintif. Ils célèbrent à leur manière le coucher de soleil. Et c'est toujours à cette heure qu'on rejoint la paillote où illico le serveur dépose la 66cl de Kingfisher et le coca de madame sur la table en bordure de terrasse. L'avantage d'avoir ses habitudes, c'est qu'on économise la palabre de la commande: le boutiquier sait ce qu'il doit servir et à qu'elle heure le faire. Quel plaisir de se poser dans les fauteuils devant nos boissons glacées, face à la mer dorée par les derniers rayons, devant la plage luisante.







Une petite douche pour ôter le sel et le sable et on retourne sur la plage pour le repas du soir aux chandelles avec feu d'artifice. Une ribambelle de loufiats s'activent à prévenir tes moindres désirs. Il va de soi que dans ce cadre c'est forcément repas de la mer: soupe de crabe, calamars frits, riz en sauce avec requin pimenté (putain les cons, c'est de la tisane de piment qu'ils servent !), salade de crudité, poisson frit en sauce aigre-douce et flanc caramel au dessert. Bien évidemment une Kingfisher 66cl et 2 sodas citrons pour arroser le tout: 6 euros par personne.....
Pendant le repas on a droit au défilé de tous les colporteurs cherchant à fourguer leur camelote. Que dis je le défilé, le troupeau, la nuée ! Bon on met fermement les conditions: on mange EN PAIX, merci, on discutera après.
La dernière bouchée avalée, hop ils reviennent ! On se laisse entortiller par Mr Orangeade qui déballe des montagnes de cd et dvd: il m'assure que Tintin est multilingue.... je me laisse suffisamment convaincre pour l'acheter, et puis à 2 euros, c'est pas non plus la ruine. Et si Tintin s'avère en fait en hindi vaguement sous-titré anglais, il fera un excellent exercice de révision pour ma fille !
T'as acheté à un, alors les autres déboulent avec leurs cd de trans, leurs porte-clefs à la noix, leurs cornes de diable clignotantes, un vrai bazar ambulant ! Le must c'est la troupe d'ados entourant un père-noël (je le plains le pauvre avec sa houppelande molletonnée par 30°) et chantant avec des voix de fausset un Jingle Bells désopilant.
Tout d'un coup ils s'éclipsent tous et vont faire la retape aux paillotes suivantes. Ouf.
On rentre par le chemin au travers des rizières, sous la nouvelle lune les crapauds s'en donnent à cœur joie, les moustiques aussi.





Mardi 13 Décembre :
Ce matin on loue un 125cm3 pour visiter les environs.
Cela ne paraît pas, mais louer un 2 roues c'est presque flirter avec la mort. Dès qu'on est sur la route, le danger est partout à tout moment: les Indiens roulent comme des marteaux. On slalome tant bien que mal entre les piétons et les motorisés allant à toute allure pas forcément sur la bonne file. Aux carrefours, c'est l'enfer: la priorité c'est à celui qui force le passage. En plus il faut être attentif aux chiens et zébus qui traversent sans crier gare.
Avec quelques frayeurs on arrive à Velha Goa.
Dans le coin, tout évoque la colonisation portugaise: les maisons style 16e, les églises omniprésentes, les noms des gens (Da Silva, Dos Santos, Martha, Rosario....).
Goa la Vieille est un bourg attenant à 4 gigantesques cathédrales posées au milieu des palmiers et des caroubiers gigantesques.
La minute "questions pour un champion": quel est la particularité de son fruit?...... le fruit c'est le carat, et sa spécificité est que chaque graine pèse toujours le même poids. Conséquence? les bijoutiers d'alors utilisèrent cette constante pour mesurer les bijoux et depuis on dit que tel diamant est de x carats. C'est avec ce genre de connaissance qu'on peut gagner des millions à des jeux à la con.
Les cathédrales sont dédiées à toute une ribambelle de saints. Dans l'une gît la momie de François-Xavier, objet de dévotions grand-guignolesques de la part des Indiens chrétiens. Et vas y que je te brûle des monceaux de bougies, que je te récite des rosaires au km, que je te fais des signes de croix à en attraper des tendinites.







La momie est exposée au public 45 jours à compter de mi-novembre... quelle chance ! on est pile poile au bon moment pour admirer Ramsès, pardon François Xavier.
Saint ou pas, il n'a pas empêché le choléra et la malaria d'occire tous les portugais au 17e. Enfin tous les portugais de Goa, ce qui faisait quand même pas mal de monde.










On repart sur les routes avec notre fend-la-bise.
Passage à Pondo histoire de se fendre la pêche dans un temple Hare Krishna kitchissime au possible.
Puis petit arrêt pour admirer les ruines d'une mosquée de 1560.
Une après-midi très œcuménique !





On continue notre périple en remontant une file ininterrompue de camions sur plus de 5 km. Des centaines, des milliers de camions les uns à la suite des autres, dans un nuage irrespirable de latérite et pot d'échappement mélangé. On se paume, on traverse une gigantesque carrière de latérite où la moindre ornière mesure 1m de profond. Super la 125 dans ce chaos !
Grâce au GPS on trouve le bon chemin (on aurait dû le brancher avant de se paumer....). Sauf que la nuit est tombée, et si conduire avait été jusqu'à présent un gymkhana épique, ça se transforme en cauchemar dans le noir. Non seulement il y a autant de dangers publics sur les routes, mais en plus ils sont souvent sans lumière et on ne peut pas éviter les nids de poule. Quant aux zébus.... il y a un mystère qui défie la logique: le jour, il n'y a que des zébus blancs avançant avec nonchalance le long de la route. La nuit, phénomène inexplicable, il n'y a que des zébus noirs et qui tous ont la fâcheuse propension à traverser la route juste au moment où tu arrives. Va comprendre la vie des zébus....Deux heures, on a mis 2h  pour rentrer. Et pour parachever: alors qu'on croise un car, un bafoukalé souhaite namasté à Sylvie en lui gerbant sur la tronche depuis une des fenêtres. Une chose est sûre: Raoul, en Hindi, ça se prononce comme chez nous !
Douche et change complet tellement on est crados et on finit à la paillote à déguster un homard et quelques légumes. Le tenancier a éparpillé ses tables sur la plage et on se marre bien lorsque la marée monte: c'est sauve qui peut avec de l'eau jusqu'aux mollets ! Pour nous ça va, on était suffisamment en retrait.





Mercredi 14 Décembre :
Après le galop d'essai d'hier, on transforme par une autre journée moto. On pousse plus au nord, vers Arjuna. Dans le Guide du Routard ils spécifient "le mercredi se tient le gigantesque marché d'Arjuna où l'on trouve artisanat Indien et baba-cooleries des hippies survivants". Suffisant pour attiser notre curiosité.
Lorsqu'on arrive sur la plage, cruelle déception. Le bord de mer est quelconque, encombré de rochers. Le marché, quant à lui, est une enfilade de 50 étals sous bâche plastique bleue où l'on trouve que des merdouilles made in china: t-shirt siglé "Che Guavara" (sic) ou Bob Marley avec flocage à 2 roupies sur coton bas de gamme, bracelets et colliers en perles plastiques bleues, éléphants en plastique moche.... bref de la daube, de la daube, de la grosse daube.
Merci le Guide du Routard, tes infos sont de première bourre !
Il est vrai que depuis notre arrivée en Inde on est affligés par la mauvaise qualité des babioleries. C'est moche, peu varié, absolument pas "typique". Exemple: un tissus avec danseurs africains sur fond de tam-tam et sagaies, très Indien ça !
Les seules choses de qualité: des bijoux hors de prix (on a encore en mémoire le collier à 600 euros) et des saris en soie. Les colliers, vue le prix, on oublie; quant aux saris..... je vois bien Sylvie débarquer au boulot en sari....
A part des épices, on ramène rien, y'a rien qui soit transcendant.







En rentrant on fait un crochet vers un fort portugais du 15e, édifié sur une colline, gardant la baie de Panji. Travail titanesque pour creuser le roc et enterrer le fort en question. Ceci étant ce ne sont jamais que des murs de pierre avec une vague tour dans un coin.
On accélère le mouvement pour tacher de rentrer avant la nuit. Pour ce faire, on organise la conduite comme pour un rallye: je conduis et visualise tout obstacle mobile ou non tandis que Sylvie co-pilote GPS dans une main, l'autre servant d'indicateur de direction. Autant dire qu'elle mouline du bras tel un sémaphore épileptique tout en invectivant les impudents qui refusent la priorité. Avec une telle organisation, on dépote du terrain sans mollir !
Avant d'aller au resto, passage par le cybercafé où j'apprends que je suis de nouveau grand-père: bienvenue Éloïse ! et félicitations à ma fille aînée et mon gendre.



Jeudi 15 Décembre :
Aujourd'hui, c'est plage: soleil, mer, sable chaud, bière fraîche.

Vendredi 16 Décembre :
On remet le couvert: plage à donf.
A midi, comme chaque jour, un gamin promène son buffle sur la plage. Marche à l'aller, trot soutenu au retour. On suppose que ce doit être pour entraîner son animal; peut être que dans le coin il y a du turf avec les buffles.
En fin d'après-midi, la plage se remplit soudainement d'Indiens venus finir la fin de semaine sur le bord de mer. Certains se promènent en famille, d'autres font du cricket entre copains, quelques uns se baignent.
En rentrant on croise un gros con de Suisse venu ici avec une curieuse voiture électrique. Sa voiture n'a rien à voir avec le fait que ce soit un con: il a suffit de lui dire bonjour pour mesurer à quel point c'est un con.
Et le soir, c'est toujours les filets de poissons avec chaque fois des sauces différentes, aux chandelles avec musique cool en ambiance. Les colporteurs tentent de vendre leurs merdouilles, et on a droit à une chorale de gamins chantant un Merry Christmas ad-hoc autour d'un père noël hilare. Au moins ceux là ont répété et mettent du cœur à chanter; ils récoltent d'ailleurs pas mal de petits billets. Rien à voir avec les 5 grands couillons des autres soirs.
A un petit km, un palace (600 euros la nuit) laisse entendre les décibels de sa night party: Danse des Canards avec accordéon.... comme quoi même les riches ont des goûts de merde.











Samedi 17 Décembre :
Ce matin on discute avec un Québécois. Il est musicien pro et tient à nous faire écouter une de ses compositions. Alors qu'on télécharge le morceau, il croit utile de préciser que son producteur est le même que celui de Richard Clayderman. La précision était superflue, à l'écoute on aurait deviné. Il devrait y avoir une loi interdisant une pareille soupe.
Hier on avait discuté avec un autre Québécois: il est venu avec un copain qui s'est fait faire un râtelier d'implants chez un arracheur de dents du coin. Devis Canadien: 10 000$, facture ici: 400$.... Vu l'état de nos dentitions, il est sûr que notre prochain voyage en Inde comportera une halte chez un dentiste histoire de se refaire une ganache rutilante! Par la même occasion cela nous rappelle le nombre démentiel d'opticiens en Inde: manifestement les lunettes sont tarifées pareil itou les dentistes. On s'en rappellera pour la prochaine révision visuelle.
Pour ce dernier jour, ce sera plage, plage et plage. On se rassasie du soleil, de la mer, des bières fraîches, du coucher de soleil flamboyant sur une mer d'huile, des filets de pomfret et du poulet tandoori, du feu d'artifice sur la plage. On a profité de chaque parcelle de la dernière journée en Inde.














Dernière journée de vacances, mais pas vraiment la dernière journée dans le pays. Demain on doit filer sur l'aéroport Vasco de Gama pour un saut de puce vers Mumbai où nous attend notre vol retour pour le bagne en pays glaciaire.
Si tout se déroule sans accroc on sera à Lyon lundi 19 à 10h40..... et il faudra patienter un an pour de nouvelles aventures.





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