Premier défi, trouver un bus
urbain desservant notre quartier.... Comme d'hab on quémande de droite et
gauche, on recoupe les infos, se les fait confirmer 2 ou 3 fois pour enfin se
faufiler dans un bus de 50 places (un bus normal quoi) contenant au moins 200
personnes (quota normal dans ce pays).
Deux cent pélos, par 38° sous le
cagnard, dans une boîte à conserve, ça remugle fort ! On est comprimés,
suffoquant, qui plus est chacun à un bout du bus et avec une vague notion
phonétique de notre arrêt. Ben 30 mn après on était à la lisière de Fort
Cochin, le quartier historique du bled. Chapeau la serviabilité et la
gentillesse des Indiens qui se sont mis en 4 (donc à 50 si vous faites le
compte!) pour qu'on soit déposés au bon endroit avec tous nos sacs qui, dans le
feu de l'action, avaient été dispersés un peu partout dans le bus.
Reste encore 5km.... Ce sera en
tuktuk.
Le tuktuk, c'est le taxi bas de
gamme, mais taxi tout de même. Chacun connaît la réputation des taxis français,
notamment avec les touristes : ils t'allongent la course et t'y vois que
du feu. Ben ici ça fait 2 ou 3 fois que je branche le GPS pendant la course, et
mine de rien mine de masala, pas un mètre de plus que l'optimisation
satellitaire. Ça méritait d'être dit, voilà qui est fait.
Il nous débarque dans un quartier
à maisons chicos implantées dans une forêt de palmiers, à vue de nez (mais la
nuit tombe) style colonial portugais. On est à 500m du centre historique, le
proprio est accorte, sa femme fin cordon bleu, on est chouchoutés à donf.
N'étant plus sur les hauts
sommets, la température a augmenté, la densité des moustiques aussi ! Oh
vains dieux, une escadrille d'hélicos de combats nous tombe dessus, et on ne
doit notre salut qu'à une action tactique immédiate : gazage au napalm en
riposte, triple protection chimique/électrique/calfeutrage en prévention. Bien
vu, on reste maîtres du terrain, on peut se coucher sans appréhension. Demain,
lever 6h45 : expédition sur les backwaters.....
Tiens, un petit mot pour
expliquer toute la difficulté qu'il y a à dialoguer avec les Indiens.
Grosso modo, concernant la
polyglotie, il y a trois sortes d'Indiens facilement identifiables : ceux
à costume fraîchement repassé et évoquant l'uniforme (flic, fonctionnaire,
employé d'agence de tourisme, quidam de la middle class), ceux à costume
chamarré (l'Indien typique comme sur les cartes postales où celui qui a un
business) et enfin le loquedu habillé de bric et de broc.
Le premier, à costume strict,
parle un anglais d'Oxford qui sied tout à fait à ma pratique
Shakespearienne ; le bémol est qu'il a un vocabulaire infiniment plus
riche que le mien.
Le deuxième, de loin le plus
fréquent dans les lieux où l'on pérégrine, est plus problématique : accent
à couper au couteau (genre chibani arrivant du bled). Comme nos demandes
concernent souvent des délais, horaires, distances, prix, quantité, on est donc
amenés à manier les chiffres.... et pour
différentier (phonétiquement) teti, tirti, teurti, tirtin' (n tellement aspiré
qu'on l'entend pas), torti (o tellement ouvert qu'on dirait un e) et leurs
pendant tortin' et tertin' qu'on sait
jamais si 13,14 ou 15 ou alors 20, 30, 40, 50 ou bien 35 ou 74 ou... on ne sait
pas... non, on ne sait pas.
Le mec te demande 75 rs, t'a
compris 15.... là il fait coin-coin avec la main droite le long du pantalon (ça
veut dire rallonge la monnaie, y'a pas le compte).
Tu demandes l'heure de départ, le
mec te dit 3h15 ;t'as compris 3h45 tu te pointes confiant à la demi... tu
l'as dans le cul ! ou alors tu viens à 10h35 et tu poireautes 4h....
Quand enfin, miracle, le mec a
compris ce que tu veux, il hoche la tête subrepticement direction latérale
d'une épaule à l'autre....
S'il hoche du bonnet en faisant
coin-coin sur la cuisse, faut scanner en moins de deux la situation pour décrypter
que ça ira avec ce que tu as rajouté.
Épuisant. Et surtout source de
quiproquo..... Oh tiens, anecdote : les 8 premiers jours, les gaziers nous
parlaient sans arrêt des « hollandes », et nous, chaque fois, non non
, pas hollandais, french ! Un beau matin, tilt.... c'est pas
« hollandes » qu'ils demandent, mais si on est en
« hollydays » ! Voilà, c'est tout comme ça..... Tu demandes un
soda, il te réponds « seat or not ? » ; alors tu redemandes
et même réponse.... Là, perplexe tu cherches à savoir pourquoi il te propose
une chaise, et un beau jour tu comprends qu'il y a les sodas sweet (sucrés) et
salt (gazéifiés sans sucre).... tout comme ça !
T 'as un truc important à
demander, avise un costumé strict.... là tu comprends et il te comprends
illico. Mais y'en a pas toujours sous la main, notamment dans un bus bondé que
ces costumés là ne prennent surtout pas.
Ah oui, j'oubliais, la troisième
catégorie : le loquedu. Tu oublies, il connaît que deux mots : yes et
no. Et il ne les emploie pas forcément à bon escient.
Voilà une autre facette de l'Inde
quand on voyage sac à dos dans les wagons bétaillères ou les bus à anchois....
mais alors qu'est ce qu'on se marre et surtout qu'est ce qu'ils se
marrent ! Et au restau, c'est deux fois la surprise ! Primo exprimer
nos souhaits, deuxio se faire servir autre chose que commandé !
Nous ; c'est comme ça comme
aime : rencontrer les gens et ça fera ce que ça fera, mais au fin du bout
on y arrive.
Bien sûr y'a les cars pullman
avec guide multilingue affrétés par des agences à tours organisés : c'est
pas le même prix, c'est surtout pas le même trip.
Dimanche 4 Décembre :
Hourra!!!!!! le cyclone a
débarrassé le plancher dans la nuit ! désormais c'est ciel bleu !
Branle bas de combat de bonne
heure : on va sur les backwaters pour toute la journée. Je passe sur
l'inévitable trajet en bus pour rejoindre le delta, et en vient au vif du
sujet.
Cochin est depuis des siècles la
plaque tournante des épices en direction de l'Europe. Notamment car presque
toutes les épices poussent dans le Kerala. Comme la région est une immense
mangrove dans un delta de ouatemille km2, ces épices étaient acheminées sur des
barques, depuis l'arrière pays jusqu'au port. Qu'arriva-t-il lorsque le bateau
à moteur puis le camion remplacèrent à moindre coût ce transport ? Les
mariniers purent manger leurs pagaies et une fois celles-ci digérées, aller
faire la manche en ville.... C'eut pu être le scénario, sauf que lesdits
mariniers se transmutèrent en gondoliers pour touristes, et la vie continua comme
depuis presque toujours.
On se ballade sur cette mangrove
luxuriante sur des barcasses construites uniquement en cocotier : planches
débitées dans le tronc, jointures à la fibre de noix et calfatage au goudron de
noix, toiture en feuilles. Seul élément qui ne provient pas du cocotier : la perche en bambou de
8 m.
Le bateau glisse sur l'eau au
travers des chenaux encombrés de jacinthes et nénuphars (n'en déplaise à
l'Académie, un nénuphar sans son ph, c'est plus un vrai nénuphar). Ils sont
parfois si étroits qu'il faut forcer le passage au travers des plantes
gigantesques arrimées aux rives.
Des villages lacustres parsèment
ce marais et toute une industrie y perdure.
-
une fois les moules pêchées vidées de leur pulpe
pour l'alimentation, ils transforment les coquilles en dérivés de carbonate de
calcium (calcium, chaux vive ou éteinte, engrais) en les cuisant 5h à 1000°
puis réduction en poudre par simple adjonction d'eau. Production d'un
four : 5 tonnes par jour.
-
tressage de cordages : on mange le cœur de
la noix de coco puis la coquille trempe 6 mois dans l'eau de mer. Cela permet
d'ôter l'écorce (qui servira de combustible) et de ramollir la fibre qui peut
alors être tressée. Le cordage qui en résulte est quasi indestructible et d'une
résistance semblable aux câbles d'acier.
-
les épices et fruits poussent à profusion :
poivre qui parasite les troncs d'arbre, muscade, curcuma dont on n'utilise que
la racine, cacaoyer, bananes, papayes et mangues et sûrement d'autres que l'on
n'a pas eu l'occasion de voir. Chacune de ses plantes est utilisée tant pour
ses propriétés d'épice que pour ses vertus médicinales (muscade contre la
tourista, curcuma comme antiseptique....)
Tout un écosystème que le Kerala
maintient en vie sans pour autant négliger le modernisme : c'est dans cet
état que sont implantées les plus granges firmes d’électronique.
Mais pour l'heure on se laisse
porter par notre « pousseur » au travers de ce paysage lacustre. Des
oiseaux par milliers : on a reconnu des cormorans noirs, des martin
pêcheurs émeraude, des oiseaux de paradis à la queue filiforme, des drôles de
canards et tant d'autres aux couleurs vives mais hélas inconnus de nos yeux
profanes.
Des papillons incroyables, des
insectes curieux, tout ce petit monde vibrionne en tous sens et génère un bruit
de fond typique jungle. Mais on ne l'apprécie vraiment que lorsque les 3
babielles du fond de barque la mettent en sourdine. Alors ces trois, quelle
plaie ! Ils ont passé les 7h d'excursion à échafauder leurs prochaines
vacances au Cambodge. Faut dire que le mec avait plus l'air intéressé par le
plan cul avec une, si ce n'est les deux, des anglaises que par la contemplation
floralo-faunesque du marais. Alors vas y qu'il leur en tartine sur Phnom Penh
et sa région. Mais qu'est ce qu'on en a à foutre de Phnom Penh ! Vous
pouvez pas profiter du ici et maintenant ?
Mis à part ces gâcheurs de
plaisirs, un vrai régal cette ballade en bateau.
Sur un petit ilet, un parano
local harangue les passants depuis ses barricades peinturlurées "no
photos".
A midi, déjeuner dans une feuille de banane remplie de riz et
curry. Whaouuuuuuuu ça chauffe !
Une petite bière sortie de la
glacière (ce gondolier, il pense à tout!) sirotée au pied d'un cocotier, il ne
manquait qu'un coca pour madame et c'eut été parfait.... mais le gondolier n'a
amené que de la bière....
Après le repas on migre dans une
barque plus petite (putain pas de bol, les 3 plaies sont encore de la partie),
histoire de serpenter au travers d'un village lacustre. D'autres arbres,
d'autres plantes, d'autres fleurs dont quelques orchidées. Le fond de l'esquif
lèche l'onde, à peine un frémissement trahis notre progression, on ne rate rien
du spectacle qui défile sous nos yeux.
Retour à notre pension dans son
quartier si calme.
Sur la route c'est grand raout
pour le CPI(M) [le M c'est pour Marxiste] qui tient congrès ce week-end. Et
quand le CPI(M) tient congrès, tout l'état pavoise en guirlandes rouges,
drapeaux frappés de la faucille et du marteau, et portraits grand format de
Marx, Engels, Lénine, Che Guevara et Fidel Castro.
A l'entrée de Cochin, contrôle
d'alcoolémie. « On » m'avait dit qu'en Inde y'a pas d'alcool....
alors pourquoi ces campagnes d'affichage omniprésentes sur les méfaits de
l'alcool ? Pourquoi ces contrôles de police ? L’Inde a bien changée
depuis que « on » y était résidente..... : les filles se
baladent sans complexe le soir, en jean serré et décolleté si appétence ;
l'alcool nécessite des campagnes de prévention, le préservatif est en devanture
de toutes les échoppes, les couples se tiennent collés-collés.... Une chose
choque encore: les femmes occidentales qui fument.
Arrivés à la pension,
douuuuuuuuuuuuuuuuuuuche, puis coca/sprite avec quelques pâtisseries locales
fort goûteuses.
On reste à la nuit tombante sur
le balcon avant de déguster le délicieux et (trop) copieux repas mijoté par
notre hôtesse.
Lundi 5 Décembre :
Première chose à régler:
s'occuper de réserver des billets pour quitter la ville d'une part et pour
retourner sur Mumbai à la fin des vacances, d'autre part.
Epaulés par notre hôte, on vise
une agence de réservation. Pour un billet d'avion nous posant à Mumbai quelques
heures avant le vol vers la France, pas de problème, il y a ça en rayon..... Le
problème ne concerne que le court terme: quitter Cochin est impossible, tous
les transports sont pris d'assaut par les touristes Indiens au moins sur les 4
prochains jours (c'est le début de la période de congés annuels ici).
Explications.
On veut aller à Hassan, à 10h de
là. Vu la durée, on souhaite le confort (de toute façon si on prend les bus
publics, c'est 3 jours de voyage, ce qui ne correspond pas à notre timing).
Train: tout est complet au moins
4 jours. Ils nous proposent de passer par Chennai, seule solution dispo.... au
moment de confirmer, l'hôtesse récapitule: départ le 6, arrivée le 9. Pardon?
j'ai pas bien compris, on arrive quand? le 9? le trajet dure 4 jours et 3 nuits
non stop? ça va pas la tête? Y'a rien d'autre? voyons le bus....
Bus: tous les sleepers sont
réservés quelles que soient les directions. Reste les semi-assis et la seule
dispo c'est aller à Goa, de là vous reviendrez sur Hassan. Merci, ça nous fait
monter au nord pour redescendre à Hassan puis repartir au nord ensuite; un
trajet Cochin-Goa de 17h puis 7h pour revenir à Hassan, visiter, et remonter à
Goa avec 7h bus..... total 31h de bus alors que théoriquement on devrait le
faire en moitié moins de temps.
Faut prendre une décision: ok
pour un direct sur Goa (et on va s'arranger ensuite avec le chauffeur pour
qu'il nous pose sur la route, à hauteur d'Hassan que l'on rejoindra alors en
bus public; on aura payé une partie de trajet pour rien, mais on économise au
moins 10 ou 12h de transport).
Muni de ces viatiques, on
poursuit la visite de Cochin.
C'est un port maritime depuis le
16e après la colonisation par Vasco de Gama (qui accessoirement y mourut). Le
lieu est constitué de 6 îles dans le delta, la moitié colonisées par les
Portos, l'autre par les Hollandais (qui laissèrent à la postérité, et donc au
maharadja, un palais flamand typé que le roi enturbanné fit recouvrir
intérieurement de fresques indiennes une fois qu'il en devint le propriétaire;
association pour le moins curieuse).
Les ruelles ne sont bordées que
d'entrepôts à épices et de magasins du même métal. Odeurs de gingembre,
coriandre, cannelle, vanille, poivre et mille autres. On se ravitaille en
épices et on poursuit le chemin.
Sur le port, les célèbres
carrelets chinois se balancent au vent en attendant la marée. Actuellement elle
a lieu le soir, et ce soir on a déjà prévu quelque chose. On ne verra donc pas
les carrelets en action.
Le tuktuk qui nous véhicule
insiste pour nous faire visiter une boutique de 4 étages du haut de laquelle on
a un panoramique superbe. Question panoramique: on voit que des toits ! tu
parles d'une vue superbe..... en revanche pour redescendre au rdc, tu te farcis
une kyrielle de vendeurs te proposant étoffes, tapis, meubles, bijoux. Tu dis
non, tu dis non, et puis pris par la curiosité tu demandes le prix d'un collier
(magnifique, indéniablement): 600 euros.... Gargllllllll on a foncé vers la
sortie en disant au manager qu'on n'était pas du tout mais alors pas du tout le
touriste correspondant à sa gamme de prix.
Tchao le tuktuk, t'es brave, mais
tes combines tu te les garde. Et puis il est l'heure du spectacle.
Dans un vieux théâtre de bois, on
doit voir deux exhibitions: une de Kalarippayat (art martial local) et une
autre de Kathakali (théâtre de mime).
Pour le Kalarippayat, il s'agit
de montrer les techniques de base des combats à mains nues, au couteau, au
bâton court ou long et un mix des uns et des autres.
Les sportifs sont athlétiques et
mouillent le maillot. C'est clairement un sport de combat de haut niveau où le
but est d'immobiliser l'adversaire par des séries de clefs succédant à des
enchaînements. Une fois immobilisé, le vaincu peut être énucléé, émasculé ou
simplement occis (voire les 3 selon l'humeur du vainqueur). Au temps des
combats à mort, ils duraient des dizaines d'heures; aujourd'hui c'est 3 ou 4h
et le vaincu ne perd que le combat. N'empêche qu'il faut une sacrée forme
physique pour tenir le rythme.
Immédiatement après, spectacle de
théâtre. Ca commence par le maquillage des acteurs: en une heure, avec pour
tout matériel 4 pots de poudres colorées, du papier de riz et un stylet de
bambou, ils se dessinent un masque époustouflant. Faut 4 années d'étude pour
maîtriser la technique....
Ensuite présentation par un
acteur des techniques de base du Kathakali: roulements d'yeux, mimiques,
gestuelle et position des doigts (j'ai pas tout mémorisé, mais je crois que c'est
19 positions de doigts, 30 gestuelles et ouatemille contorsions). En fait on
peut faire l'analogie avec le langage des sourds: chaque mot correspond à un
geste, chaque émotion a ses mimiques et plein d'autres nuances sont
représentées par des gestes. Comme dans un langage, tu associes et enchaînes
les gestes/mimiques pour créer une phrase. Ne pas oublier aussi les codes de
couleur: maquillages, vêtements, accessoires vont participer à définir des
archétypes.
Faut 10 ans d'études pour
maîtriser ce langage corporel (plus 4 pour le maquillage).
Voilà, en deux mots, expliqué
comment se "lit" le Kathakali.
Une fois cette brève intro faite,
un extrait de pièce va être joué pendant 1h (un spectacle complet dure 9h
d'affilée.....).
Joueurs de musique sur les côtés,
conteur au fond qui déclame la geste avec conviction et les acteurs qui miment
dans leurs tenues époustouflantes.
Ca roule des gobilles, ça grimace
à qui mieux-mieux, ça se contorsionne en poses maniérées; une succession de
ballets délicats et harmonieux. Au premier abord, on est subjugués par la
beauté et on est sidérés par la maîtrise des acteurs. Ils font pas semblant de
jouer, ils se donnent à fond dans cet extrait de spectacle.
Ce que j'ai compris du morceau
joué: en gros un bellâtre qui se la pète pour emballer la mère Serfati sur
laquelle le roi du coin a aussi des visées, là dessus un cochon vient jouer le
trouble fête. La pauvre bête se fait trucider, le dom Juan également.... mais
c'était sans compter sans la prompte intervention de Shiva qui ressuscite tout
le monde (quoique le cochon, on sait pas trop) et en profite au passage pour
donner un peu de modestie au prétentieux qui peut enfin convoler avec la mère
Serfati.
Sylvie me signale que la
donzelle, c'est Parvati (et non Serfati) et que le cochon c'est justement Shiva
déguisé qui revient ensuite sous forme d'homme sauvage (je me disais aussi que
j'avais bien vu que le cochon avait disparu !). Et que Parvati c'est la femme
de Shiva (????? le Shiva ressuscite un gus qui va fricoter sa meuf? le
Kathakali m'échappe un tantinet).
En fait la véritable histoire
c'est: Arjuna prétend être le plus grand guerrier. Pour le prouver, il se bat
en duel contre Shiva dont il ignore l'identité puisque celui-ci s'est déguisé
en cochon-homme sauvage(Sylvie me dit que c'est en homme sauvage; je veux bien,
mais il a un groin, pour moi c'est un cochon, y'a pas à tortiller). Lors du
combat, Parvati transforme les flèches en fleurs pour épargner Shiva. Lorsque
Arjuna découvre son erreur, il demande à Shiva de le tuer. Ce dernier, dans sa
grande mansuétude, lui pardonne et de plus le rend plus grand guerrier qu'il
n'était. Happy end, Tout le monde s'embrasse. C'est là que j'ai vu que le
bellâtre bécotait la mère Serfati! bon d'accord, j'ai confondu patins avec
bisous d'allégresse.
Je suis pas encore vraiment prêt
pour le Kathakali !
A la fin de la saynète, un acteur
vient nous faire signer le livre d'or et nous précise (en français) que chez
nous on a presque la même chose: le Mime Marceau. Pour cette analogie, je suis
d'accord pour les techniques de base, mais j'ai jamais entendu dire que Bip
niquait la mère Serfati ! où alors on ne m'a pas tout dit !
En tout cas pour comprendre le
Kathakali, faut une solide culture de référence, sinon, tu te crois à un
concours de grimaces chez des mandrills travelos ! A défaut de comprendre on
peut aussi se contenter d'apprécier la beauté de la chose. Et rien que ça vaut
le déplacement.
Chapeau les artistes. Du grand
art.
Soirée exceptionnelle. Sublime.
J'en aurais peut être pas dit autant après un spectacle de 9h !!!!
















































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