Mardi 6 Décembre :
Le bus s'ébranle et va sa vie de
bus. Les heures passent, longues, très longues, et il a tellement pris de
retard tout au fil du voyage, qu'il nous dépose à 2h du matin (au lieu de
22h30; soit 13h pour faire 400km) dans Mangalore endormie profondément. On
avance doucement dans les rues désertes, enjambant quelques corps assoupis sur
le trottoir. Vue l'heure, il ne reste que l'hôtel pour nous accueillir. On
élimine ceux dont le standing paraît au dessus de nos bourses, on se fait
refouler de ceux complets, et finalement on trouve un petit truc qui paie pas
de mine. Pour pas payer de mine, ça il paie pas de mine: il est POURRI. Les
draps ont été lavés à la dernière mousson, les vieux papiers traînent dans la
chambre, les murs son crades. Ouais ben vue l'heure on va pas faire les
difficiles, ça fera la rue Michel.
Ayant oublié de faire le tour des
fenêtrons pour vérifier qu'ils soient tous fermés, les moustiques se
précipitent en vagues assoiffées de raisiné. Le temps de réaliser la bévue, on
est bien dévorés.
Mercredi 7 Décembre :
Au réveil on file à la gare
routière: direction Hassan. Et c'est reparti pour 4h de route.... pardon de
piste ! Sur les bords de la route, plantations de café, riz, maïs et canne à
sucre.
A peine débarqués, on saute dans
un coucou local pour encore 40 km de route cette fois-ci.
Guide en main, on file sur une
adresse conseillée. Cette fois la lodge est sommaire, mais PROPRE, et trois
fois moins chère qu'hier soir.
Sur le guide ils indiquent un
petit restau végétarien sympa à proximité. Ce soir on se fait péter la panse
car depuis 30h, on a grignoté quelques gâteaux et bu des jus de fruits, et rien
d'autre. On commence à avoir faim !
Jeudi 8 Décembre :
A 7h le taulier tambourine à la
porte: il amène l'eau chaude dans un chaudron. C'est toujours mieux que l'eau
froide ! mais il aurait pu attendre une heure plus compatible avec nos rythmes!
On commence la journée par
remonter la rue principale de Belur afin de visiter le temple Chennakeshava,
édifié au 10e sur un plan en étoile et dédié à Vishnu. Il est toujours utilisé
et des prêtres y officient en permanence.
Le must de ce temple est sa clé
de voûte en lanterne finement ajourée et encadrée par 4 danseuses inclinées
sous un toit ciselé. Les colonnes semblent modelées telles de la poterie; tout
est minutieusement ajouré et dentelé. Dans le ghat s'ébattent poissons rouges
et tortues géantes.


























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